J’aurais pu raconter mon histoire de vive voix, mais je ne suis pas douée pour m’exprimer. J’aurais aussi pu faire une vidéo, mais je ne me sens pas à mon top en cette fin de session...

Mon histoire à moi commence il y a déjà cinq ans... C’est long cinq ans, mais ça ne guérit pas tout. En secondaire trois, j’ai été la cible des gens de mon niveau scolaire. Ils m’ont bâti une réputation horrible et m’ont intimidée sans relâche. Je ne savais pas à qui me confier et je gardais donc tous mes problèmes pour moi. J’ai fait de nombreuses crises de panique, d’angoisse et d’hystérie cette année-là et j’étais désorientée. Je pleurais sans arrêt et je ne dormais plus. J’ai aussi commencé à sauter des repas parce que l’angoisse me nouait l’estomac. J’essayais de cacher mes problèmes à mes proches et en même temps, je tentais de simplement disparaître. Je me disais qu’en devenant invisible, les gens cesseraient de me rabaisser et de me détruire. Mais les gens ne se lassent pas. En secondaire quatre, j’ai continué à faire le tapis, à ne pas répliquer lorsqu’on m’insultait et à pleurer en silence. Ce fut la pire année de ma vie. J’étais maigre parce que je ne mangeais plus, j’étais cernée parce que je ne dormais pas... C’est cette année-là que j’ai développé un trouble alimentaire et que j’ai fait ma première névrose.

L’été suivant, j’ai décidé que ç’en était assez. Je me suis mise à manger plus fréquemment, avec l’aide de ma mère, et j’ai repris un peu de poids. Il m’arrive encore de m’arrêter de manger durant quelques jours, cinq ans plus. J’ai décidé il y a seulement quelques semaines que je consulterais un psychologue pour m’aider à me rebâtir une santé mentale forte. J’ai été dépressive durant plus de deux ans, j’ai eu des symptômes d’anorexie durant plusieurs mois. Mon médecin me dit que je suis très forte pour avoir su m’en sortir seule, mais je ne m’en suis pas vraiment sortie. Je n’ai peut-être pas eu à prendre de médicaments, mais il m’arrive encore aujourd’hui de faire une névrose sans raison particulière. J’angoisse énormément et je suis fragile mentalement. Je supporte très mal les sentiments négatifs comme la colère ou la tristesse...

Je garde espoir, cependant. Parce que mon médecin me dit que je suis forte. Parce que j’ai réussi à sortir de la dépression. Parce que je sais qu’il existe des moyens pour s’en sortir.

Noémie (St-Jérôme)