Bonjour,
J'espère que vous allez bien. Je vais vous raconter mon histoire. À 18 ans, en 2003, mon monde s'est écroulé. D'étudiante modèle, je n'arrivais plus à me concentrer ni à être attentive à l'école. J'ai échoué plusieurs cours au cégep. Je n'arrivais plus à suivre en cours.
J'ai commencé à avoir des délires de persécution et des délires de référence. En effet, je pensais que les gens complotaient contre moi, qu'ils me voulaient du mal. J'avais ces pensées même envers ma famille. De plus, les publicités me faisaient peur car je croyais qu'ils avaient des significations cachées. Je pleurais beaucoup.
Je ne me reconnaissais plus.
Le diagnostic est ensuite tombé: trouble délirant. C'est une maladie psychotique ressemblant un peu à la schizophrénie. J'ai eu beaucoup de difficulté à l'accepter, à accepter le fait qu'à 18 ans, je devais sûrement prendre des médicaments toute ma vie. Ce n'était pas ce que j'espérais comme futur.
En 2006, j'ai fait une tentative de suicide. Je ne pouvais accepter l'inacceptable. Je crois que je ne pourrai jamais accepter totalement la maladie. Mais on apprend à vivre avec. On apprend à vivre avec nos limites.
Avec le temps, les choses s'arrangent...
Malgré mes ennuis de santé et malgré les rechutes que j'ai eues, en juin 2010, j'ai reçu mon diplôme de baccalauréat en travail social. Je suis depuis 2010 membre de l'Ordre des travailleurs sociaux.
J'ai décidé, par la suite, de continuer mes études. En effet, je fais présentement un certificat en santé mentale à temps plein à l'Université de Montréal. J'ai également été admise au certificat en gérontologie dans la même université. Je travaille aussi à temps partiel comme intervenante sociale dans un organisme communautaire offrant un hébergement pour les personnes atteintes de problèmes de santé mentale.
Mon objectif de carrière est d'exercer en tant que travailleuse sociale auprès des personnes aux prises avec des problèmes de santé mentale, en soutien à domicile auprès de personnes âgées ou auprès d'itinérants. Ce sont les clientèles qui m'intéressent particulièrement.
De nos jours, il y a beaucoup de préjugés et de discrimination face aux personnes ayant des problèmes de santé mentale. Je crois que c’est important de briser ces tabous ainsi que ces préjugés. Il ne faut pas oublier que les personnes atteintes ont également des rêves et des objectifs de vie.
Je n’oublierai jamais comme travailleuse sociale que nous travaillons avec des personnes et non pas avec leurs diagnostics. En espérant qu’un jour, il y ait plus d’acceptation envers ces personnes dans la société.
Je vous souhaite donc, à vous, vos parents, vos amis, de la santé, et de manière encore plus importante, de garder espoir. Car lorsque tout semble s'écrouler autour de nous, regardez au fin fond de votre coeur, vous y trouverez toujours une petite lueur d'espoir...
~ Hélène ~

Hélène (Montréal)