J'avais seulement trois ans lorsque l'anxiété a commencé à m'envahir. J'avais une peur irrationnelle que ma mère allait mourir dans un accident d'auto. J'avais si peur que ça me rendait littéralement malade; je vomissais tant qu'on m'a même inséré un tube dans l'estomac sous anesthésie générale pour s'assurer que je n'étais pas malade. Je l'étais, mais pas du système digestif. C'est parti comme c'est arrivé, mais c'est revenu à l'âge de huit ans: j'obsédais sur la sexualité et j'ai fait de l'insomnie jusqu'à l'âge de dix ans. Lorsque j'ai entendu mes parents parler de médicaments, j'ai décidé de "let go", advienne que pourra. J'avais l'impression que laisser aller et ne plus y penser allait soit me faire devenir encore plus folle de manière irréversible ou me guérir complètement. J'ai été chanceuse: je m'en suis sortie. Mes problèmes sont revenus après ma rupture avec mon premier amoureux, à l'âge de quatorze ans. J'ai vécu une crise de panique dans ma chambre et je me suis sentie mal à l'aise d'y retourner pendant plusieurs nuits. J'ai par la suite développé la sensation de ne pas pouvoir respirer suffisamment, comme si je respirais à travers une paille. J'ai réussi à respirer à grandes bouffées après quelques séances avec une travailleuse sociale. Finalement, je suis tombée en dépression à ma première réelle peine d'amour, épreuve que j'ai également surmontée avec l'aide d'une interne en psychologie behavioriste. J'ai aussi l'impression d'avoir une boule qui fait mal dans la gorge lorsque je suis vraiment stressée.

Tu n'es pas tout/e seul/e.

Mariane (Montréal)