Le trouble obsessionnel compulsif (TOC) est entré en force dans ma vie alors que j’avais 28 ans. Je venais de vivre une douloureuse peine d’amour et j’ai alors commencé à avoir des phobies d’impulsion très fortes (peur de devenir violent, peur de devenir homosexuel, peur de devenir pédophile, etc.). Ces pensées m’horrifiaient et étaient en contradiction avec la réalité et avec ma nature profonde. Je savais instinctivement que ces pensées étaient fausses, mais plus je voulais les chasser, plus elles revenaient en force, c’était un cercle vicieux infernal.

Au fil des semaines, malgré tous mes efforts pour aller mieux (consultations, saine hygiène de vie, relaxation, etc.), mon état ne cessait de se détériorer. La thérapeute que je consultais était très compétente et m’aidait à tenir le coup, mais ne savait pas que je souffrais de TOC et ne connaissait pas bien ce trouble. Je perdais l’appétit, mon sommeil était troublé, je vivais de la détresse psychologique du matin au soir et je perdais espoir d’améliorer mon état. Je réussissais à fonctionner malgré tout, mais je m’absentais de plus en plus de mes activités professionnelles. Un peu plus tard, j’ai commencé à réaliser que j’étais sur le point de craquer et mes parents m’ont convaincu d’aller consulter le médecin afin de me faire prescrire des anxiolytiques ou antidépresseurs. C’est alors que j’ai reçu mon diagnostic de TOC et que j’ai débuté la médication (Effexor) malgré mon aversion de prendre ce type de médicaments. J’ai très bien fait d’en prendre, car sans cela, je crois que je me serais enfoncé de plus en plus. La médication m’a donc aidé et j’ai consulté un peu plus tard une psychologue spécialisée dans le traitement des TOC (thérapie cognitive comportementale). Cette thérapie m’a littéralement « sauvé la vie », j’ai pu commencer à sortir de mon enfer au fil des séances et retrouver une belle qualité de vie. Les forums de discussion (www.doctissimo.fr), les groupes de soutien et d’entraide (www.phobies-zero.qc.ca), les lectures (http://fqtoc.mtl.rtss.qc.ca/lecture_fr.htm), le support de mes proches et la spiritualité m’ont également beaucoup aidé dans mon cheminement.

J’ai eu quelques petites rechutes au fil des années et de nouveaux thèmes de TOC sont apparus au fil du temps (hypermoralité, hyperresponsabilité, TOC en voiture), mais j’ai persévéré dans mes efforts et j’ai réussi à mieux apprivoiser les mécanismes de pensées et d’émotions causant mes différents TOC. Je vis maintenant une vie très heureuse avec mon épouse et mes deux filles et je réalise que ces troubles, malgré la souffrance qu’ils amènent, peuvent grandement nous aider à changer notre vision de la vie pour le mieux. En effet, tout ceci m’a amené à mieux m’aimer, mieux m’accepter, à essayer d’être plus ouvert d’esprit et plus compatissant. Il est évident toutefois que je devrai toujours rester vigilant, car cette fragilité fait partie de moi.

Je conclus en encourageant toutes les personnes souffrant de TOC à être tenaces et persistantes, vous pouvez améliorer votre qualité de vie et votre bonheur, les ressources existent et la lumière est toujours plus forte que la noirceur…

Frédéric (Québec)