Tout cela a commencé par une nuit sombre, le 31 décembre 2006, où j'ai fait une syncope de début de grossesse.

Je me suis mise à désespérer de jour en jour, puis à un moment donné des idées suicidaires sont venues (coups de couteau, étranglement, absorption de médicaments). Mon conjoint m'a sauvée plusieurs fois en m'envoyant à l'hôpital, mais jamais sans véritable succès. Je ressortais, mais toujours avec le même mal de vivre.

Toute ma vie était truffée de mensonges et tout s'écroulait autour de moi.

Puis un jour, alors que je m'y attendais le moins, je me mis à travailler dans une boutique et puis la phase du vol a commencé. Mais je ne réalisais même pas que ce que je faisais était mal, pour moi l'important était de faire plaisir aux gens autour de moi pour les garder avec moi, bref je les achetais.

Peu à peu mon conjoint a commencé à s'éloigner. À cette époque, nous vivions ensemble, mais il fut vite de retour chez ses parents. Je quittai mon emploi et dis à tout le monde que c’était pour une bonne raison, mais je savais bien que l'étau se refermait sur moi. L'enquête de police commença sans que je le sache immédiatement, et puis ensuite les accusations sont vite venues.

Je fus interrogée et je fis finalement confession de tout ce que j'avais fait. Je reçus une promesse de comparaître au palais de justice quelques mois plus tard.

Mais durant ce temps, le pire se produisait. Je me suis mise à faire de la fraude par carte de crédit. Les déménagements se sont multipliés, et j'étais toujours aussi malheureuse. La boule ne faisait que grossir en moi.

Accusations judiciaires par-dessus accusations judiciaires, la maladie ne faisait qu'empirer.

Un jour de février 2007, on m'a admise à l'hôpital pour tentative de suicide et détresse profonde pour une semaine en psychiatrie afin d'être évaluée. Au bout de 4 jours, je me suis enfuie de l'hôpital en pyjamas et en plein hiver, nu-pieds. Je fus vite ramenée par les ambulanciers pour être embarrée dans ma chambre et je me sentais droguée par les médecins.

J’ai fini par terminer ma semaine là-bas pour me faire dire que j'ai la maladie de TROUBLE DE PERSONNALITÉ LIMITE ANTISOCIAL OBSESSIF COMPULSIF.

Mais c'est quoi toute cette chose qui est en moi? Au début, je ne comprenais pas, mais à mesure que les choses s'éclaircissaient autour de moi, je comprenais mieux ma maladie. Je peux dire en tout cas que ça m'a menée loin avant que je puisse comprendre que je n'allais pas bien. J'ai fraudé et volé des gens pour 48 000 $ en plus de faire de fausses signatures et de m'en être prise à des gens de ma famille.

J'ai reçu une sentence de 18 mois de détention dans la collectivité.

J'ai fait une thérapie que je n'ai pas terminée, j'ai fait faire des enquêtes sur mon père que j'accusais de crimes qu'il n'avait pas faits et les policiers enquêtaient. J'ai reçu trois mois de plus à ma sentence plus une probation de 2 ans dont 1 année avec suivi.

Ensuite j'ai refait une bêtise, un vol à l'étalage de 14,94 $ pour me ramasser un bon gros 6 mois de détention dans une prison provinciale à Montréal, loin de tout et coupée de tout contact.

Seule dans un établissement où nous vivions avec des criminels de haut calibre sans jamais savoir ce qui va nous arriver. En plus de tout cela, je devais sans cesse prendre de la médication pour dormir, pour l'humeur, pour l'anxiété, pour la concentration. Rien de facile, quoi! Et je n'avais que ma mère et mon conjoint à qui je pouvais parler 1 fois par semaine. Pour maman et mon conjoint, je les appelais à frais virés.

Je peux vous dire qu’aujourd'hui j'ai cessé toute médication depuis maintenant 2 ans et je garde le courage que quelque chose de bon va m'arriver un jour, sauf que je reste très fragile. J'ai terminé ma probation avec succès sans refaire quelque chose de mal. La vie n'est toujours pas facile, car personne ne veut m'employer, car j'ai un dossier judiciaire et que je suis une personne qui n'est pas tous les jours stable. Brisons ce préjugé ensemble afin de pouvoir être traités à notre juste valeur!!! Sachez que malgré tous les obstacles, il y a toujours une force en vous qui viendra vous aider à tout surmonter.

Merci à vous tous!!! Ça fait du bien de partager. Je t'aime mon amour qui m'épaule dans chaque moment dur de ma vie. À vous tous, continuez de CROIRE...

Josée (Laurierville)