Bonjour à tous,

Je suis une Montréalaise de 28 ans et je souffre de dépression majeure, du trouble anxieux et du trouble obsessif compulsif.

On m'a diagnostiqué ces maladies en juin 2010. Ça m'a donné un choc! J'avais fait des études supérieures dans le domaine des arts et je venais à peine de débuter sur le marché du travail. Au début, j'étais complètement dans le déni et malgré les recommandations de mon médecin, j'ai continué à travailler. Finalement, mon corps a complètement brisé quelques semaines plus tard et il m'a fallu abandonner mon emploi.

J'étais au fond du trou. Tout me demandait un effort. J'avais peur de sortir. Je pleurais tout le temps et je n'étais pas capable de différencier mes rêves/cauchemars de la réalité. Sincèrement, j'ai vraiment pensé à me tuer et si ma famille n'avait pas été là, je l'aurais probablement fait. Puis, j'ai commencé à consulter un intervenant dans un CLSC, qui m'a énormément aidée et qui a tout fait pour que je reçoive des consultations gratuites d'un psychologue.

Les jours s'écoulaient et grâce au soutien psychologique et aux médicaments, je pouvais compter les journées où je ne pleurais pas, où je pouvais sortir dehors, où je pouvais faire une activité, où je ne pensais pas au suicide. J'ai réussi à établir ce qui me rendait aussi malheureuse et j'ai décidé de réorienter ma carrière : c'était un début.

Quelques mois plus tard, j'ai réussi à obtenir les services d'un psychologue dans mon CLSC et parler de mes problèmes m'a réellement aidée. Mon psychologue est vraiment très gentil et compétent, mais je crois qu'il y a toujours une période d'adaptation quand on consulte en psychologie. Comme avec n'importe qui, le lien de confiance se fait lentement, alors il ne faut pas se décourager. Et aussi, il ne faut pas avoir peur de se faire dire des réalités en pleine face, même si bien sûr, ça ne fait pas notre affaire. Consulter un psychologue, ce n'est pas comme parler avec un ami, c'est parler avec un professionnel qui a pour objectif de traiter tes troubles psychologiques.

Petit à petit, je commençais à développer des projets pour le futur et sans m'en rendre compte, mes symptômes dépressifs étaient moins forts. Je voulais aider les gens, me sentir utile et avoir une sécurité financière : c'est pourquoi j'ai décidé plus tard de me réorienter dans le domaine de la santé.

Aujourd'hui, je vais mieux. Je suis présentement aux études et mon psychologue et mon médecin de famille m'ont aidée à compléter ma démarche pour consulter un psychiatre. Je prends plusieurs médicaments, à forte dose, mais au moins, je me sens beaucoup mieux, je dors mieux, je suis beaucoup plus active qu'avant et j'ai moins de TOC.

Pourquoi je parle de tout ça? D'abord, c'est sûr, c'est pour partager mon expérience, mais aussi pour livrer un message : pour guérir, il faut affronter bien des peurs. Avant ma maladie, j'avais plusieurs préjugés : j'avais peur des gens qui souffraient de maladie mentale, des médicaments et je croyais que les psychologues étaient des charlatans. Pour guérir, il a fallu que j'affronte chacune de mes idées préconçues. Quand je pense à ce que j'étais avant, j'ai honte de moi et je regrette de ne pas avoir eu plus d'empathie pour les gens qui souffraient de maladie mentale. Et finalement, il a fallu que j'affronte ma plus grande peur : moi-même. J'ai réalisé que j'étais un être de chair et de sang, avec des émotions et qu'un jour, inévitablement, j'allais mourir. La vie est une expérience et je devais chercher à en profiter au maximum.

Bref, la guérison d'une maladie mentale n'est jamais un chemin facile et parfois, je me demande si je ne devrai pas prendre des médicaments pour toujours. Mais je me dis que si ça me permet de vivre une journée sans les tourments de la maladie mentale, je les prendrai sans hésiter.

Pour terminer, si je peux donner un conseil à ceux qui souffrent d'une maladie mentale tout comme moi, je leur dis : n'ayez pas peur d'aller chercher l'aide dont vous avez besoin et écoutez les gens qui veulent votre bien. Et pour ceux qui ne souffrent pas de maladie mentale, je leur dis : essayez de les comprendre, d'être présents, ils vivent quelque chose d'énormément difficile.

À tous, prenez soin de vous. Et tenez bon quoi qu'il arrive.

Murielle (survivante d'un hiver nucléaire)

P.-S. En passant, j'en profite pour remercier Louise, François, Geneviève, Anne-Marie, ''Gene'' et Laurie. Merci aussi à mon médecin de famille, M. Sanchez, mon psychologue et mon psychiatre. Et finalement, merci à Minette et Sissi. : )

Murielle (Montréal)