Voici l'histoire de mes problèmes relatifs à ma santé mentale. Je suis née et j'ai vécu dans une famille dysfonctionnelle. Mon père était alcoolique et absent. Ma mère avait une personnalité narcissique. Ma soeur a fait une dépression majeure avec anxiété généralisée, a reçu des électrochocs et est maintenant invalide à vie. Mon frère a eu des problèmes de délinquance très tôt dans sa vie, il a vendu de la drogue, fait de la prison et a développé une dépendance au jeu. Il est hyperactif et a un problème de personnalité dont je ne connais pas le nom. Toutefois, je constate que ses problèmes mentaux ont vraiment affecté sa vie.

Lorsque j'avais 24 ans, j'ai fait une psychose réactionnelle en lien avec la séparation d’avec mon ami de coeur. J'ai été soignée à l'hôpital par un psychiatre. À 30 ans, j'ai fait une autre psychose réactionnelle, car je me suis séparée à nouveau. Mon psychiatre a décidé de me suivre afin que je ne fasse plus de psychose réactionnelle. Il m'a suivie pendant 5 ans et le but convoité par ce suivi a été accompli : je n'ai plus jamais fait de psychose réactionnelle grâce à son aide.

Par la suite, j'ai déménagé dans une autre ville à cause de mon travail. J'ai consulté pendant 5 ans un psychologue comme recommandé par mon psychiatre. Ce suivi m'a permis de m'aider avec les difficultés de mon quotidien. Par la suite, j'ai changé de travail tout en demeurant dans le même domaine. J'ai été malade (diagnostic sévère) et lorsque je suis revenue au travail, j'ai vécu de la discrimination et du harcèlement psychologique, ce qui a entrainé une dépression et un arrêt de travail temporaire. Je suis maintenant traitée pour ma dépression par un psychologue.
Voilà, ceci est mon histoire jusqu'à maintenant. Je l'ai racontée, car j'espère que les soins psychologiques et psychiatriques dans les hôpitaux publics pourront être améliorés dans un futur rapproché, car il est trop difficile présentement d'avoir accès à des soins appropriés, les fonds en santé pour la psychiatrie et la psychologie ayant été durement coupés par les gouvernements provinciaux et fédéraux. Mon histoire personnelle et celle de ma famille me permettent de parler en connaissance de cause.

Je ne peux que souhaiter un redressement de la situation, car je suis profondément déçue des décisions du gouvernement canadien, la santé mentale étant un droit humain essentiel. Un pays démocratique comme le Canada devrait y consacrer les finances nécessaires, et ce, dans le but de restituer, redresser et réaménager les départements psychiatriques hospitaliers et les services publics psychologiques offerts dans les communautés qui ont été sauvagement saccagés par les trop nombreuses coupures financières. Je suis convaincue que plusieurs Canadiens et Canadiennes souffrent atrocement dû au manque de soins psychiatriques et psychologiques.

Natasha (Montréal)